Lettre de rédemption de Rahkzan

À ceux qui me traitent de démon, j’écris ces mots dans l’espoir que vous connaissiez ma vraie droiture. Même alors que je trace ces lettres, je sens des flammes de haine me monter le long des jambes. Les charbons ardents de Sala sont alimentés par le souffle de l’ignorance. Je suis né dans l’ombre de mon frère aîné. Tandis qu’il exaltait les masses et qu’il recevait les honneurs de la noblesse, tandis que notre père lui souriait, j’étais traité comme un moins que rien.

Je n’ai pas honte d’admettre que je porte en moi l’habileté naturelle de la lignée des Aiolen à manier le fer. Depuis Edohein jusqu’à aujourd’hui, le nom des Aiolen a toujours été porté par de grands guerriers. Notre père, Rentholne Aiolen, n’était pas un vrai combattant, mais ne faisait pas non plus partie des faibles, car le sang des Aiolen coulait dans ses veines.

Ce fut son sang qui prédestinait l’un de nous deux, mon frère ou moi, à prendre place sur le siège du Haut Conseiller de Salandorf. Deux hommes, c’était un de trop, et il revenait au destin de choisir celui qui allait recevoir les honneurs.

Chaque jour qui passait était au bénéfice de Mahatar. Tout semblait lui réussir si facilement, il était tout ce que les gens souhaitaient. Pendant ce temps, j’étais là, dans l’ombre, attendant une opportunité de prouver que j’étais son égal.

En grandissant, je me liai d’amitié avec quelques personnes dans le même état d’esprit que moi. Ceux qui savaient qu’ils étaient destinés à de grandes choses, mais que l’on avait écartés trop facilement. Nous étions un groupe très soudé, quoique très incompris.

Vint le Tournoi de la Lame d’Edohein, et mes camarades et moi triomphèrent rapidement de la piétaille que l’on nous opposait. Un à un, ils tombaient devant moi, et je finis par le retrouver face à mon propre frère.

On a souvent dit que Mahatar avait le sang d’Edohein dans ses veines. L’esprit d’une armée entière. La force d’un guerrier légendaire. J’hésiterais à l’élever au rang d’un dieu tutélaire, mais je dois reconnaître que c’était un maître à l’épée.

Le duel fut long, comme de nombreuses fois au cours du tournoi. S’il ne dura apparemment que quelques minutes, mes bras semblaient combattre depuis une éternité. La force et la vitesse de chacun de ses coups me sonnait littéralement, mais la lame ne fut que l’outil de la défaite non seulement de mon frère, mais également de sa célébrité en plein essor. Peut-être allais-je pouvoir enfin me faire un nom.

Le destin est cruel avec certaines personnes, tandis qu’il donne à d’autre bien plus que ce qu’elles méritent. Ce pantin emperruqué triompha de moi d’une courte victoire.

Alors que le soleil se couchait, je savais que je ne pouvais pas passer ma vie à l’ombre de mon frère. Tandis qu’il festoyait à la table du Haut Conseil, à la droite de mon père, je m’en allai en rampant vers mes quartiers et me préparai au long voyage qui s’annonçait.

L’aube naissait à peine lorsque je partis, en compagnie des mes camarades les plus fidèles. Nous résolûmes tous de faire de l’ombre à Salandorf, de nous faire un nom qui occulterait même les plus riches heures de notre terre natale.

En compagnie des ombres,

Rahkzan
Seigneur du Sud

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