Histoire salanienne

Sala n’a pas toujours été un manteau blanc au nord d’Adellion. En vérité, l’histoire de cette nation a commencé il y a bien longtemps, avec un homme du nom de Salan. On connaît peu de choses sur lui et sur ceux qui l’accompagnaient lors de son arrivée sur le continent, mais ils furent rapides à construire leur première ville : Salandorf. On demanda à Salan de dresser plusieurs campements immédiatement pour préparer la construction de la première ville, mais il se contenta de secouer la tête. Puis, prenant son bâton, l’homme qui plus tard deviendrait un chef mythique emmena son peuple par delà les montagnes. On raconte que lorsque Salan arriva sur ce qui est aujourd’hui l’emplacement du palais de Salandorf, une lumière aveuglante tomba du ciel et l’enveloppa. Si c’est visiblement une légende amplifiée par les plus ardents patriotes, Salandorf fut néanmoins construite en ce lieu. Commença alors la construction de ce qui allait être la plus grande ville d’Adellion, et c’est à ce moment que l’avenir, pour les pèlerins, s’assombrit.

Salan était un fervent suivant d’Adonai, et c’est pourquoi son peuple était béni. Ils suivaient les traditions des Mérussans depuis des générations, et avec les siècles reçurent des appellations tels que « Nouvelle Mérussa », donné par le sage Guiden. Mais je m’égare. Une croyance adonaïque est qu’une part importante de la culture salanienne constitue un tout. La dévotion sans faille de ce peuple envers leur dieu a été pour eux une source de conflits, mais aussi une ressource de laquelle tirer sa force. C’est à l’encontre du peuple Drul que les premières tensions religieuses se sont manifestées.

On ignore quand où les attaques ont commencé. Peu après la fondation de Salandorf, les gens commencèrent à mourir. Les Salaniens étaient victimes d’attaques de guérilla alors même qu’ils construisaient leurs habitations. On ne sait pas au juste qui étaient les responsables de ces actes, et il est possible que ce fut une armée aujourd’hui complètement disparue. Tout ce que l’on sait, c’est que les colons se trouvèrent brutalement précipités dans une guerre impitoyable.

Si les batailles étaient de petite envergure, en revanche personne ne devait les oublier. Finalement, on créa des héros, on immortalisa des hommes, et le nombre de colons fut réduit de moitié. Salan comptait parmi les morts.

Au moment où la population restante était devenue découragée et désorientée, survint un guerrier de légende. Le frère de Salan lui-même, Edohein, fut peut-être le plus grand guerrier qui fut jamais conçu de femme mortelle. Ses efforts, aussi bien sur le champ de bataille qu’en dehors, parvinrent à sauver le peuple salanien de la tourmente. Le souvenir d’Edohein est maintenant honoré pour l’éternité au cours du tournoi de la Lame d’Edohein.

En l’an 2324 GR, la jeune nation existait depuis suffisamment longtemps pour posséder des bases solides. Un festin fut organisée en l’honneur d’Adonai et de tous ceux morts aux combat pour marquer la fondation du jeune royaume. C’est à ce moment que certains prêtres annoncèrent leurs décisions de partir à la rencontre d’autres peuples afin de leur dispenser les enseignements du seul vrai dieu.

Quelques années plus tard, des villages drulons déclarèrent allégeance à Adonai, et les prêtres envoyèrent des rapports enthousiastes à Salandorf. Les tensions entre ces villages commencèrent à disparaître, et le pardon naquit dans le cœur de ceux qui comprirent qu’Adonai les avait pardonnés. Lorsqu’ensuite les villages envoyèrent des émissaires afin de demander la citoyenneté au nom de l’hommes qui les avait guidé sur cette nouvelle voie, Edohein accepta avec hésitation. S’il avait su qu’ils faisaient déjà partie d’une autre nation, il aurait immédiatement refusé pour préserver la paix. Néanmoins, les hommes qui lui parlèrent de cette culture n’étaient pas seulement mal informés de cet état de fait, ils étaient aussi fort peu objectifs et cherchaient par ce moyen à accroître la puissance de Sala. Ce fut une erreur fatale.

2401 GR fut une année de souffrances. Les chefs drulons envoyèrent des hommes assassiner sans relâche un grand nombre de nouveaux convertis. Les razzias et la mort firent peur aux populations drulon qui suivaient à présent Adonai, mais les prêtres qui réussirent à échapper aux attaques continuèrent à les entretenir dans leur foi. Ce fut ainsi pendant soixante-dix ans. Les plus faibles abandonnèrent leur foi et retournèrent dans les ténèbres, tandis que les plus fervents conservèrent leur foi, cachant les prêtres à l’approche des attaquants.

Le petit fils d’Edohein, nouvellement nommé à la tête de Sala, fut horrifié des atrocités commises par les chefs drulons qui tuaient des hommes pour une simple question religieuse. Dans sa colère, il envoya des troupes en territoire drulon, en accord avec les prêtres, disant qu’il fallait mettre un terme à cette barbarie. La guerre donna lieu à des affrontements sanglants, et de nombreuses vies furent perdues de part et d’autres. Les Salaniens étaient galvanisés par la haine des assassins qui attaquaient des innocents sans distinction. Ils contraignirent les Drulons à se replier loin derrière leurs frontières. Les difficultés survinrent lorsque les marais devinrent plus profonds, et Sala fut contrainte de battre en retraite. A la fin de la guerre, ils jurèrent que les innocents ne seraient plus jamais tués sans représailles. Et les Drulons ne revinrent pas.

La guerre des Neuf Rois est un conte à elle seule, mais je vais m’écarter un peu du sujet pour vous en tracer une rapide description, pour ceux qui souhaitent en savoir davantage et qui ne sont pas familiers avec notre histoire. Survit un grand nombre de prophètes. Ils formulèrent au début des prédictions simples, puis montant progressivement en influence ils infiltrèrent la société à l’aide de leurs belles paroles et de leurs avertissements. Sala ne fut pas immunisée à ce phénomène, et ses habitants non plus.

Brusquement, on vit des prophètes partout. Contre une coquette somme d’argent, ils bénissaient tout ce que vous vouliez au nom des « dieux ». Dans le cas de Sala, le nom d’Adonai était invoqué jusqu’à vous en faire brûler la langue. Les individus à la tête de la nation résistèrent au début à ces langues agiles, et ce fut une des seules nations à ne pas basculer dans le chaos. Mais par la suite, le peuple nomma des individus en faveur des prophètes, car ces fanatiques religieux avaient infiltré toutes les couches de la société.

Finalement, quelques prophètes accédèrent au Haut Conseil, et c’est à ce moment que les troubles commencèrent réellement. Lorsqu’éclata la guerre des Neuf Rois, Sala fut entraînée dans des conflits extrêmement violents avec des nations qu’elle n’aurait jamais pensé à affronter. Les sages de Sala pleurèrent les destructions, tandis que les troupes combattaient pour l’honneur sur les champs de bataille. Comme c’est le cas dans toute guerre, de nombreuses vies furent perdues, mais les pertes furent peut-être moins importantes que dans les autres royaumes.

En 2685 GR, les prophètes fous accompagnés de tous les Salaniens qu’ils étaient parvenus à rallier à leur cause lancèrent ce qu’ils appelaient la « seconde croisade » contre les « païens drulons ». Ce n’était pas une déclaration de guerre officielle, mais les Drulons la prirent comme telle. La croisade laissa dans son sillage chaos et destruction, et ce n’est que lorsqu’ils arrivèrent enfin aux portes de Waernn qu’ils comprirent que leur plan avait échoué. Heureusement pour les prophètes et les soldats impliqués dans cette expédition, ils périrent d’une maladie inconnue avant d’avoir pu revoir leurs patrie… Ils auraient très probablement été exécutés. Néanmoins, leurs actes eurent des conséquences qui affectèrent à jamais les relations entre les Drulons et Sala. Ainsi s’acheva la seconde croisade. Peu de temps après, les prophètes furent renversés par les citoyens de Sala. Ils furent tués dans les émeutes qui s’ensuivirent.

En l’an 2767 GR, la ville frontière drulon d’Ari-Tira signala au Haut Conseil qu’elle venait d’être attaquée… par Sala. On fit des recherches dans les environs pour connaître celui qui au nom de Sala se permettait de perpétrer ainsi des massacres. On conclut après quelques temps qu’il s’agissait d’une faction rebelle qui avait attaqué les Drulons au nom de Sala. Mais l’information mit du temps à arriver, et les attaques sur Sala s’étaient presque achevées… Adonai pleura.

En 3112 GR, un homme du nom de Conre Aiolen fut élu au Haut Conseil. Il ne favorisait aucune faction. Si tous les hommes qui siègent au conseil sont considérés égaux, il y avait un net pendant en faveur de cet homme qui ne se réclamait d’aucune allégeance. C’est grâce à lui que le titre de « Premier conseiller » fut créé. Dans les faits, un seul homme représentait maintenant les actions votées par le Conseil, recevant un temps de décision et un pouvoir de veto. Conre fut plus qu’efficace dans son rôle, et à Sala connut un âge de paix et de prospérité.

En 3121 GR, la femme de Conre eut un fils qu’ils nommèrent Rentholne. Il ressemblait beaucoup à son père physiquement, et c’est le premier homme qui donna raison à l’idée que la famille Aiolen descendait du grand guerrier et dirigeant Edohein. Rentholne fut élevé dans le palais de Salandorf, qui venait d’être rénové et agrandi, et il assista à de nombreuses réunions du Conseil tout en apprenant toutes les ficelles du métier.

3163 GR fut une année noire pour Sala. Conre et son épouse bien aimée Ela furent sauvagement assassinés, et tout Sala prit le deuil. Le « dernier des Hommes Libres » revendiqua l’assassinat, mais il subsiste des doutes quant à la validité de cette revendication. Nombreux ont ceux qui suspectent l’ordre de la Lumière. Des troubles suivirent au moment où les personnes en faveur du Haut Conseil en raison des actes de Conre commencèrent à se rebeller. Seule une action rapide de Rentholne empêcha un soulèvement généralisé. Son action entraîna un des rares votes unanimes des deux conseils pour le nommer à la succession de son père. Il gagna le titre de « Rentholne le Bienveillant », et on dit que ce fut un des hommes les plus sages ayant existé. Il se fit aimer de son peuple, allant parfois même jusqu’à s’impliquer dans des disputes pour lesquelles les autres dirigeants ne se seraient jamais déplacés. Son nom restera dans nos mémoires à jamais.

L’enchantement manifestement lié à la vie de Rentholne s’exprima dans toute sa dimension le jour où il prit femme. Elle fut bientôt enceinte, et les espoirs du peuple en un successeur dans la droite lignée de leur dirigeant bien aimé grandirent. Leurs prières et leurs demandes furent entendues, et en 3169 GR naquit un fils nommé Mahatar, le symbole de l’avenir de Sala. En lui tout le monde plaça sa confiance, et malgré ce lourd fardeau on l’appela bientôt « Espoir de Sala ». D’autres noms furent par la suite utilisés pour le désigner, comme « Fils de Sala », ou encore « Troisième fils d’Edohein ». Le peuple entier était en adoration devant lui.

Malgré la pression constante des attentes de la nation, Mahatar devint tout ce que cette nation espérait. Le garçon confirma ce que l’on pensait au sujet de son ascendance : c’était un excellent guerrier, peut-être même le meilleur que l’on ait vu depuis son illustre ancêtre. Ses talents de diplomate et son intelligence n’étaient que renforcés par cette beauté propre à la lignée des Aiolen. Mahatar, comme son père et son grand père avant lui, devint progressivement une icône de Sala. Son frère n’eut pas cette chance.

Né deux ans seulement après Mahatar, le fils cadet ne reçut pas le même accueil que son aîné. Si Ylirae aimait ses deux fils d’un amour égal, le peuple ne fut pas aussi clément. Rahkzan fut toujours considéré comme le second, même avant qu’il puisse faire preuve de ses compétences. Et si Sala était ébahie d’admiration en voyant les progrès de l’aîné, le sentiment général était que Rahkzan allait devoir se surpasser pour mériter la même estime.

Si les deux garçons étaient quasiment aussi doués, ce fut Mahatar qui hérita le plus nettement des traits de son père. A mesure que le temps passa, Rahkzan devint de plus en plus jaloux. Le père travaillait avec ses deux fils, mais Rahkzan pensa qu’en vérité son père favorisait son frère par rapport à lui. Rien ne saurait confirmer où infirmer cette théorie, mais cette croyance s’enracina profondément dans le cœur du jeune homme. Ceci fut encore aggravé par les fiançailles de Mahatar avec Lady Tyrai, une jeune femme pour laquelle Rahkzan éprouvait les sentiments les plus profonds.

En 3189 GR, Mahatar et Rahkzan étaient tous les deux invités d’honneur dans le tournoi de la Lame d’Edohein. Le gagnant de ce tournoi rentrait chaque année chez lui porteur d’un médaillon et auréolé de l’honneur de la victoire. Le dernier combat opposa les deux princes. Le combat qui eut lieu fut un des plus longs et des plus impressionnants. Et ce fut Mahatar qui l’emporta. Le même soir, les fiançailles de Tyrai et Mahatar furent annoncées. Le premier né recevait encore une fois tous les honneurs, et ce fut une fois de trop. En compagnie d’une milice qu’il avait créée en secret à Salandorf, Rahkzan partit la nuit même. On ne les revit plus jusqu’aux Champs Pourpres.

Puis la tragédie s’abattit sur le jeune Mahatar. Son épouse mourut après une courte maladie. Après cet épisode, le jeune homme ne se vêtit plus que de noir et d’or.

3194 GR vit le début du Temps de Lumière, la nuit où Mahatar fut nommé successeur de Rentholne à la tête du Haut Conseil. Peu après, la nouvelle vint que le fils cadet avait été retrouvé… à la tête des Tarians. Les relations avec ce peuple, auparavant neutres, se dégradèrent en peu de temps. Le commandement des Tarians, des Tarians comme on les appelle aujourd’hui, revendiqua le trône de Sala pour leur chef et proclama l’illégitimité de Mahatar. Les vieilles querelles dans les terres autour d’At’tir et Erana éclatèrent à nouveau.

3196 GR vit la guerre éclater. Les troupes tariannes assiégèrent la passe méridionale, capturèrent To’urnelay et marchèrent vers le nord. Une armée levée à la hâte à Echash fut balayée, et la ville fut prise. Rentholne et Mahatar concentrèrent leurs forces sur Salandorf. Au début de l’année 3197, Jolyn était tombée, et es armées tariannes progressaient vers la capitale. Sala les laissa approcher. Dans les terres marécageuses à l’ouest de Salandorf, les deux armées se rencontrèrent, dans un lieu qui depuis ce jour porte le nom de Champs Pourpres. A la fin de la journée, les Tarians battaient en retraite, mais les Salaniens étaient trop éprouvés pour partir à leur poursuite. Rentholne était mort, Mahatar était grièvement blessé, le Chevalier Maréchal avait trouvé la mort, son armée principale était presque impuissante. Les Tarians auraient pu battre en retraite à Jolyn et attendre, mais une nouvelle armée salanienne en provenance de Dojelito s’assura qu’à la fin de l’année 3197 l’ennemi soit repoussé en dehors des frontières de la nation.

Le gouvernement de Sala était désemparé. Mahatar récupéra dans une certaine mesure de ses blessures, jusqu’au début de l’année 3199 il parvint à reprendre les affaires gouvernementales. Mais le climat très chaud de Greawim lui devint insupportable. En dépit de l’aide de ses médecins les plus compétents, il mourut en quelques jours. Son dernier acte fut un message d’amour à son frère rejeté.

Le commandement du Haut Conseil fut transféré à Sir Malcym Crydee, le ministre du commerce de Lahatar, qui avait commandé une compagnie d’archers au cours de la bataille des Champs Pourpres. Ne prêtant pas attention aux acclamations qui suivirent les élections, Crydee s’attacha à consolider les réformes militaires que Mahatar avait initiées et négocia avec les chefs des autres nations. A la dernière réunion du conseil de 3199, le 12 Frareth, Crydee fut nommé à son poste pendant une durée de quatre ans, et son commandement devra s’achever le 30 Palanon 3203, date à laquelle il pourra être réélu. Au cours de l’Office d’hiver à la cathédrale d’Adoni de Salandorf, le Patriarche nomma expressément Crydee dirigeant de la nation sous l’égide de la Lumière de Dieu, lui assurant le soutien complet de l’Eglise.

L 25 Palanon 3199, Crydee prononça un discours à la Grande Chambre. Il promit au Conseil des Citoyens la tenue d’élections le 30 Merinad 3202.

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